CLAVECIN : Les Barricades mystérieuses F. Couperin

Les Barricades mystérieuses : un tube pour clavecin de François Couperin

clavecin clavier épinette

Bonne découverte à tous !
Florence Monzani

barricades mystérieuses clavecin couperin

Publiées dans le Second Livre de Pièces de Clavecin, en 1717, Les Baricades mistérieuses (dans son orthographe d’origine), fait partie du 6e Ordre en SI b Majeur.
C’est une pièce caractéristique du style luthé.

Le style luthé, c’est quoi ?

Au XVIIe siècle, le luth est un instrument très prisé en France.
Les compositeurs pour le clavecin s’efforcent d’imiter le rendu sonore du luth, avec une écriture où les accords sont arpégés, comme on le ferait sur le luth.

La structure de la pièce

L’œuvre est de forme rondeau (avec un refrain ou rondeau, et des couplets)
La basse du rondeau est une variante de la basse traditionnelle de la Romanesca.

Les barricades mystérieuses

Que signifie ce titre ?

On ne sait pas exactement ce que ce titre signifie.

De nombreuses propositions d’explications existent, parmi lesquelles :

  • La référence aux cils des femmes dans les salons du XVIIe siècle (barrière dans le regard).
  • Les masques portés par les interprètes de la pièce «Le Mystère» ou «les Fêtes de l’inconnu» mise en scène par un des mécènes de Couperin, la Duchesse du Maine, en 1714.
  • Le mot barricades, serait dérivé du mot barriques. La pièce ferait donc référence au vin, et le « mystère » serait celui du culte rendu à Bacchus qui avait pour nom « mysterium » chez les romains. Le balancement musical évoquerait le foulage des grappes de raisin pour en extraire le jus. Le mystère pourrait être celui de l’Eucharistie, participation au corps et au sang de Jésus-Christ.
  • La référence aux barricades parisiennes de la Fronde, en 1648 pourrait être envisagée, la pièce ayant été publiée après la mort de Louis XIV, qui avait un très mauvais souvenir de cet événement.

Pour aller plus loin, je vous conseille la lecture de l’article de Pascal Tufféry :
Les Barricades mystérieuses ou Le raisin du plus fin est toujours le meilleur

La partition

. fac simile de l’édition de 1717
. édition moderne

Ecoutons la pièce
au clavecin

Scott Ross dans une master class tournée à Rome, peu avant sa mort en 1989.

La leçon complète est ici (à 18 mn)

Jean Rondeau

Justin Taylor

Benjamin Allard

Christophe Rousset

Si vous voulez suivre la partition en même temps

L’historique version de Wanda Landowska, enregistrée en 1946 sur un clavecin Peyel

Quelques versions modernes

Ou sur d’autres instruments

Jean Rondeau et Thomas Dunford
dans une version arrangée pour clavecin et théorbe

Au théorbe

A la guitare


Au marimba

On peut même la chanter tout seul !

Quand je vous disais que c’est un tube…

Pour retrouver d’autres compositeurs et leurs oeuvres, c’est ICI

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